l’alternance dans le cinéma et l’audiovisuel, l’exemple de la CinéFabrique

Dès l’origine de son projet d’école supérieure dans le cinéma et l’audiovisuel, Claude MOURIERAS a souhaité fixer 2 orientations majeures et innovantes : une ouverture à des publics plus diversifiés et donc plus éloignés de ces métiers, et un lien fort et privilégié au monde professionnel grâce à l’alternance.

En juillet 2013, une étude de faisabilité, validait le principe de création de l’école de cinéma en région Rhône-Alpes.

En septembre 2015, l’école la « CinéFabrique » a ouvert, avec notamment le soutien de la Région Rhône-Alpes, des services de l’État et du CNC.

Dans un réel soucis de mixité sociale, l’école permet à 30 jeunes garçons et filles de recevoir un enseignement d’excellence dispensé par des intervenants extérieurs, professionnels en activité. L’école forme à 5 métiers : scénario, production, image, son et montage. Dans le cadre d’une convention avec l’Université Lyon 2, le cursus proposé débouche sur un Diplôme Universitaire (DU), au bout de la deuxième année ; et sur une licence professionnelle lors de la troisième année. C’est cette troisième année, année de la Licence Professionnelle, qui se déroule en alternance : sous forme de contrats d’apprentissage ou de contrats de professionnalisation.

Sachant que la branche fait très peu appel à l’alternance et dans un soucis de sensibilisation, la CinéFabrique m’a commandé une étude sur le sujet. Au-delà d’une information aux professionnelles, il s’agit de mesurer dans quelles conditions l’alternance peut s’adapter aux spécificités de la filière du cinéma et de l’audiovisuel et quels en sont les grand enjeux.

L’industrie du cinéma et de l’audiovisuel est caractérisée par l’organisation cyclique de son activité : écriture et développement, préproduction, production, post-production… À chaque cycle, correspondent des fonctions et des métiers spécifiques qui font appel à des compétences repérées par les professionnels.

Les entreprises du secteur n’ont pas un rythme d’activité linéaire, qu’il est nécessaire de bien anticiper.

Les jeunes en alternance ont vocation à intervenir dans l’ensemble des secteurs de la filière cinématographique et audiovisuelle, depuis l’écriture et le développement jusqu’à la post-production, en passant par le tournage. Les entreprises susceptibles de les accueillir recoupent, donc, l’ensemble du spectre du secteur : entreprises de production, prestataires de services, grands groupes ou encore télédiffuseurs. Compte tenu de la diversité des tailles d’entreprises comme des logiques organisationnelles et stratégiques, les postes qui pourront être proposés seront très divers. Cette pluralité de situations doit impérativement être prise en compte et intégrer les spécificités de l’ensemble de la branche.

Enfin, une adéquation est nécessaire entre offre de formation et réalité de l’activité professionnelle. Cela nécessite de prévoir suffisamment en amont une adéquation entre les périodes de présence en entreprise et les périodes pédagogiques à l’école, de s’adapter tant aux entreprises qu’au profil des jeunes.

Alors… quelles solutions pour le développement de l’alternance dans ce secteur ?

La solution passe par la mutualisation

Le développement de l’alternance dans le cinéma et l’audiovisuel ne pourra se faire qu’en mutualisant les emplois… ce qui ne s’improvise pas !

Cela nécessite la création d’un Groupement d’Employeurs pour l’Insertion et la Qualification (GEIQ).

La mutualisation et le GEIQ permettront, en effet, de répondre aux différentes spécificités du secteur :

 des besoins de recrutements ponctuels : en diversifiant les expériences des jeunes alternants et multipliant les mises à disposition, le GEIQ permet l’intégration pour ces futurs professionnels d’une contrainte centrale liée à l’exercice de leur futur métier : l’intermittence.

 un rythme de l’alternance qui s’adapte aux contraintes des entreprises : en mutualisant les personnes en alternance, les entreprises ne seront pas contraintes de prendre une personne si leur activité ne le permet pas. Les mises à dispositions se répartissent entre tous les membres. Par ailleurs, les entreprises ne rémunèrent les alternants qu’en fonction de leurs besoins.

 peu de contraintes administratives : le GEIQ étant l’employeur des personnes en alternance, c’est à lui que revient cette charge.

 des liens renforcés avec l’école : le GEIQ permet de créer un lien plus fort avec d’un côté l’entreprise utilisatrice et de l’autre la structure de formation. Par ailleurs, les modalités d’organisations permettent une adaptation de l’offre de formation afin de correspondre aux besoins des entreprises.

La réussite d’un tel projet repose sur 2 enjeux prioritaires : la mobilisation des entreprises et la prise en compte des spécificités de la branche dans l’organisation de la formation.

Il faut des entreprises mobilisées

La création d’un GEIQ repose en premier lieu sur les entreprises. Ce sont elles qui sont à l’origine du groupement. Ce sont elles qui en définissent les modalités de gouvernance. Ce sont elles, encore, qui fixent les priorités pour le secteur mais toujours avec le souci de diversifier les voix d’accès aux métiers du cinéma et de l’audiovisuel. Ce sont elles, enfin, qui permettent l’articulation entre besoin des entreprises et offre de service.

Là réside la première priorité : créer un noyau de sociétés suffisamment mobilisées pour créer une dynamique et piloter une étude de faisabilité. Par ailleurs, de leur diversité (sociétés de production, prestataires, télédiffuseurs…) dépendra les hypothèses de mises à disposition.

Pour autant, il reste un point essentiel : la mobilisation des chefs de poste. Ainsi, si les sociétés de production, par exemple, ont vocation à être membres du GEIQ ; ce ne sont pas elles qui constituent directement l’ensemble des équipes. En effet, d’après les pratiques largement répandues, les chefs de postes élaborent eux-mêmes leur équipe (assistants et stagiaires). Tout laisse à penser que ces derniers ont, par conséquent, vocation à s’impliquer directement dans le choix des personnes en alternance qui peuvent intégrer le staff.

Outre une mobilisation des chefs de poste sur l’importance de l’alternance, plusieurs d’entre eux seront amenés à connaître les étudiants via leur implication dans l’école comme intervenant tout au long de la formation.

Il faut une école qui prenne en compte des spécificités de la branche

 le rythme de l’activité. C’est un enjeu central : comment prendre en compte les contraintes liées à la vie des projets en développement, production et post-production ?

 rythme de l’alternance : innovation et souplesse pédagogique au sein de la maquette pédagogique proposée par l’école, individualisation des parcours en fonction de spécialités, ordonnancement du rythme école entreprise…

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