Le rôle essentiel des agences culturelles.

Dans sa lettre d’information du 10 mars dernier, accessible ici, Vincent LALANNE pointe, avec justesse, les raisons qu’il voit à la suppression de certaines agences culturelles, qu’elles soient départementales ou régionales. Il souligne, également, combien elles tiennent un rôle indispensable entre les pouvoirs publics et les professionnels, acteurs de la vie artistique et culturelle de notre pays.

À l’heure d’une réforme territoriale (fusion de certaines collectivités, Régions et intercommunalités, et Loi NOTRe) de grande ampleur, il apparait nécessaire de prévoir, dans les organisation territoriales, des interlocuteurs à équidistance, pouvant prendre en compte les contraintes et les orientations stratégiques et politiques fixées, tout en ayant une connaissance aiguisée des enjeux des artistes et des médiateurs.

Trois raisons, au moins, à cela :

  • les changements de périmètre : de nombreuses collectivités changent profondément. En particulier les Régions, qui sont largement présentes dans le soutien à la création et à la diffusion artistique et culturelle. Ces dernières interviennent largement sur l’ensemble des disciplines, elles sont des interlocutrices essentielles pour les politiques cinématographiques, les aides économiques aux filières (pour le livre ou la musique enregistrée par exemple), la formation initiale et continue… le profond bouleversement que nombre d’entre elles connait va obliger à modifier leur rapport au territoire et à ses interlocuteurs.
  • Les contraintes financières : cela est maintenant largement intégré, malheureusement pourrait-on être tenté d’écrire, par les professionnels, nous sommes, depuis plus de 8 ans, entrés dans une période de tension financières qui amène les collectivités à remettre en cause de nombreuses interventions dans le champ culturel. Aussi, il semble opportun que des interlocuteurs puissent apporter un regard structuré, éclairant et complet sur les enjeux que connait le monde artistique.
  • L’inscription de la culture comme compétence partagée : la compétence générale n’existe plus mais chaque niveau territorial peut intervenir dans le domaine culturel. Reste à savoir qui le fera, selon quelles modalités, pour quels projets et publics et avec quels moyens.

Il semble bien que les agences culturelles puissent se poser à la croiser de ces enjeux, de ces contraintes, et permettent la prise de décisions coordonnées, complémentaires, avec pour objectif le maintien d’une offre artistique riche et diverse destinée à l’ensemble des publics dans toute leur diversité.

Elles ont indéniablement un rôle à jouer dans l’élaboration collective, au sein d’instances territoriales de concertation par exemple, d’une stratégie partagée et d’une vision commune permettant l’accès de chacun, dans tous les territoires, à une offre artistique diversifiée et enthousiasmante. À partir de là, et chaque collectivité avec ses moyens, ses orientations et ses priorités, pour décider des choix qu’il opère… mais de manière éclairée.

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