Les nouvelles Régions, les Lois NOTRe et CAP… des opportunités pour les artistes et la culture ?

D’après le journal Libération : la création de la future grande Région du Sud-Ouest (Aquitaine, Limousin et Poitou-Charentes) est source d’inquiétude, en particulier du fait de l’éloignement des pouvoirs de décisions.

De son côté, Jean-Michel Lucas (ancien directeur régional des affaires culturelles) considère, dans un article publié dans « www.lagazettedescommunes.fr » qu’il est essentiel d’articuler le projet de loi CAP (relatif à la liberté de création, l’architecture et le patrimoine) avec la loi NOTRe.

Finalement, dans un climat ambiant particulièrement morose, voire anxiogène, dans un contexte dominé par le repli identitaire, une crise économique et sociale qui n’en finit pas et une rupture sans cesse plus grande entre la population et les responsables politiques, peut-être que quelque chose bouge ? Sans être naïf, il est possible de se demander si dans les mois et années à venir, des évolutions positives ne vont pas se faire jours et en particulier pour la culture.

Il est, pourtant, vrai que, si ce n’est les inquiétudes, tout au moins les interrogations sont légitimes. Tout d’abord parce que personne n’a vécu d’évolution institutionnelle aussi forte que la fusion à laquelle nous allons assister dans les semaines qui viennent. Finalement, après plus de 30 ans, nous avions fini par nous habituer à nos Régions, à leur fonctionnement. Pour des collectivités qu’on disait peu en lien avec les habitants, on voit maintenant que ce n’était pas la cas. Même si toutes n’ont pas été d’une ambition folle, elles ont su développer des politiques culturelles souvent fortes et en cohérence avec les professionnels afin d’offrir créativité et diversité aux populations.

Ensuite, nous pouvons nourrir quelques appréhensions sur la capacité, ou non, des futures Régions de conduire des politiques ambitieuses, à l’heure où leurs missions prioritaires augmentent, où leurs moyens diminuent inexorablement. Mais nous pourrions écrire cela pour l’ensemble des collectivités territoriales.

Enfin, comment ces nouvelles institutions arriveront-elles à faire avec de tels périmètres ? Comment les nouveaux exécutifs feront-ils pour repérer et accompagner les acteurs culturels présents au plus proche des populations ? Quelles organisations vont-ils adoptées ? Sur quels relais vont-ils s’appuyer ?

La réorganisation des services de l’État ne va t’elle pas aussi être facteur de déstabilisation, et au final d’un abandon de certaines interventions essentielles à la diversité artistique et culturelle ?

Pourtant, nous ne pouvons pas ignorer les éléments positifs dans ce qui existe aujourd’hui : des politiques culturelles vivantes et dynamiques sur l’ensemble des territoires, des professionnels imaginatifs, originaux, qui investissement les formes les plus diverses pour toucher l’ensemble des habitants de leurs territoires et rayonner même au-delà.

Pourtant, nous ne devons pas mésestimer ce qui est une forme de nouveauté… même légère : après un recul net de plusieurs années, l’État semble avoir décidé de réinvestir le champ culturel en augmentant ses capacités d’intervention en région en 2016 et en adoptant une politique spécifique actuellement en discussion avec la loi CAP.

Pourtant, enfin, des perspectives s’ouvrent avec les nouvelles ou futures décisions législatives. La loi CAP, justement, qui vient de passer la première étape (adoption en première lecture à l’Assemblée Nationale) pose, dans son article 2, la notion de « service public de la culture », qui implique l’État et les collectivités, ainsi que leurs groupements et leurs établissements publics. Par ailleurs, une fois par an, les présidents des futures conférences territoriales d’action publique (CTAP) devront obligatoirement organiser un débat sur la politique en faveur de la création. On peut imaginer que cela pourra être l’occasion de mieux coordonner les interventions entre les différents niveaux de collectivités. Car, ne nous cachons pas la vérité, les moyens allant en diminuant, si nous voulons garantir, un tant soit peu, un minimum de diversité artistique et culturelle et ne pas laisser la place à des modèles dominants, une coopération renforcée sera, dans les années à venir, plus qu’essentielle dans ce domaine… ne serait-ce que pour le monde artistique et culturel.

Mais il ne faut pas être naif. Il existe des risques : repli identitaire et par là même un recul du soutien au « risque » artistique et donc à sa diversité, des zones abandonnées au prétexte des contrainte financières, un centralisme régional par facilité. Ce sont aux artistes, avec celles et ceux qui les accompagnent : réseaux, publics,…, de brandir haut et fort les richesses de l’existant, d’être créatif dans leurs rapports aux institutions, aux services de l’État, aux nouvelles Régions et à l’ensemble des collectivités, pour aller encore plus loin.

Les artistes, par leur inscription dans les lieux où ils vivent et qu’ils investissent, avec l’appui des lieux de diffusion culturelle, renforcent la dimension territoriale de la culture. Aussi, convient-il de poursuivre dans cette voie pour faciliter l’accès du plus grand nombre en s’adaptant aux nouveaux modes d’accès à la culture (à noter l’enjeu particulier de l’ouverture des bibliothèques et médiathèques le dimanche), ou renforçant la nécessaire mise en réseau des lieux et acteurs culturels sur un territoires : salles de concert, bibliothèques-médiathèques, salles de cinéma indépendantes, librairie indépendantes,…

Les décisions qui se prennent aujourd’hui au niveau national, comme demain dans le futures Régions doivent participer activement à ce chantier.

Source : Articles

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